Par Arthur DONNADIEU

Une étude de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) sur l’impact du blocage des services illicites de sport a été publiée en octobre dernier, en voici les principaux enseignements.

Réalisé entre le 30 juin et le 20 juillet 2022 sur un échantillon principal de 2 342 internautes de 15 ans et plus, ce rapport met notamment en avant plusieurs chiffres clés :

  • 73% des internautes regardent du sport en direct au moins une fois par mois ;
  • Le football et le tennis sont les sports les plus visionnés (licitement ou illicitement), avec respectivement 74% et 62% des sondés qui en ont regardé lors des 6 derniers mois ;
  • Le football, le tennis, les sports mécaniques et le rugby sont les sports les plus consommés de façon illicite par respectivement 14%, 10%, 9% et 8% des internautes.

Au total, 21% des sondés consomment du sport de façon illicite (depuis un boitier ou une application IPTV, depuis un VPN, ou via des sites de live streaming). Concernant la part de l’échantillon qui consomme du live streaming sportif de façon illicite, il y en a 33% chez les 35-49 ans, 31% chez les 15-24 ans, 21% chez les 25-34 ans et respectivement 11% et 4% pour les tranches d’âge 50-64 ans et 65 ans et plus.

Si on s’intéresse aux compétitions sportives les plus visionnées de manière illicite en live streaming lors des 6 derniers mois, on retrouve la Ligue des Champions avec 9% des internautes qui l’ont visionnée de manière illicite, la Ligue 1 (8%), la Premier League (8%), l’Europa League (7%) et la NBA (7%). Les raisons évoquées sont pour 42% d’entre eux des prix d’abonnements trop élevés, le fait qu’ils ne veulent pas s’abonner pour regarder un seul match ou une seule compétition (34%), ou encore qu’il faudrait s’abonner à de trop nombreuses offres pour satisfaire leurs besoins de consommation sportive.

Depuis le 1er janvier 2022, l’article L. 333-10 du code du sport a créé un dispositif ouvert aux titulaires du droit d’exploitation audiovisuelle sur une compétition qui peuvent, lorsqu’ont été constatées des atteintes graves et répétées à leur droit d’exploitation audiovisuelle par un service illicite, saisir le juge afin d’en demander le blocage puis saisir l’Arcom pour actualiser ces décisions de blocage du juge.

Sur la période de janvier à septembre 2022, l’Arcom a reçu 51 saisines portant sur 9 compétitions sportives, pour un total de 481 noms de domaine notifiés par l’Arcom aux fournisseurs d’accès à internet en vue d’une mesure de blocage. Au total, ajoutés aux services bloqués en exécution des décisions judiciaires initiales, ce sont 835 sites illicites qui ont été bloqués depuis le début de l’année 2022.

A ce titre, parmi les 461 consommateurs de contenu sportif illicite en live streaming sondés, 40% d’entre eux ont été confrontés à un blocage sur un site de streaming au cours des 6 derniers mois.

Concernant les compétitions sportives ayant occasionné le plus fréquemment des blocages, on retrouve en tête exclusivement des compétitions de football, avec la Ligue des Champions pour 35% d’entre eux, la Ligue 1 (32%), la Premier League (17%) et l’Europa League (14%) .

Quelle a été alors la réaction de ces internautes face au blocage ?

37% d’entre eux ont abandonné leur visionnage, 15% ont souscrit à l’offre légale, 33% se sont tournés vers d’autres sites illicites de live streaming enfin 14% ont adopté une solution IPTV.

La lutte contre le piratage est un travail de longue haleine, d’autant plus que les moyens illicites pour visionner des compétitions sportives se sont multipliés ces dernières années (IPTV, VPN, streaming, réseaux sociaux avec Twitter notamment) mais les nombreux blocages ayant eu lieu depuis le début de l’année sur différents sites de streaming représentent une étape importante vers la diminution du piratage dans le monde du sport qui représente un manque à gagner considérable pour les diffuseurs, les ayants droit et donc les clubs.

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