Par Laurent NICOLLIN

Le mois dernier j’évoquais le caractère de plus en plus mondialisé du football. Cette mondialisation se traduit au premier plan par les mouvements de joueurs, facilités par leurs agents qui ont un rôle de conseil économique et sportif.

Pour que chaque pays et chaque championnat national soit attractif, il faut donc que les règles qui régissent la profession d’agent soient les plus homogènes possible. La FIFA a souhaité renforcer l’encadrement de la profession d’agent. Elle réinstaurera ainsi un mécanisme de licence d’agent et établira des règles relatives au plafonnement du montant des commissions qui peuvent être perçues.

Ce nouveau projet de règlement élaboré par la FIFA s’inscrit dans la lignée des principes posés par la législation nationale en France mais s’en écarte sur deux points majeurs, au détriment des clubs professionnels français.

  • La possibilité pour un agent d’agir simultanément pour le compte du joueur et de son club d’accueil : le double mandatement

La FIFA introduit la possibilité d’une représentation des deux parties (Club et joueur) par un seul agent au moment de l’arrivée d’un joueur dans un club. Cette possibilité n’existe pas dans la loi française, créant ainsi une distorsion d’attractivité entre les clubs français et les clubs étrangers. En effet, dans le cadre d’un transfert international, un agent représentant un joueur ne pourra ainsi être rémunéré qu’à hauteur de 3% en cas de recrutement par un club français, contre 6% en cas de recrutement par un club étranger (dans la situation du double mandatement). L’intérêt direct de l’agent sera alors de privilégier une destination où sa commission sera susceptible d’être la plus importante ; les clubs de football professionnel français en seront directement pénalisés.

  • La rémunération des agents de joueurs mineurs sous conditions

Dans son projet de réforme, la FIFA prévoit que les agents puissent contracter avec un joueur mineur 6 mois avant la signature de son premier contrat professionnel, à condition que l’agent suive un module de formation spécifique.

La France ne prévoit de son côté aucune exception à l’interdiction de rémunération des agents de joueurs mineurs. Il est dès lors fort probable que les agents sportifs cherchent des contrats rémunérateurs et se détournent des clubs français. S’agissant de jeunes joueurs prometteurs, le risque est grand de les voir être déracinés trop tôt de leur environnement familial et quitter le club dans lequel ils auront été formés au détriment de la formation française.

Au regard du caractère hautement concurrentiel de l’industrie du football, Foot Unis encourage le législateur et les pouvoirs publics à aménager la loi française sur ces deux points.

 

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