Nos solutions contre la violence dans les stades

PAR LAURENT NICOLLIN

Avant même d’aborder le sujet majeur qui nous préoccupe, celui de la violence dans les stades, je veux ici rendre hommage à la mémoire de Bernard Tapie qui nous a quitté dimanche dernier, après avoir mené un long combat contre la maladie qui a forcé notre admiration. Cet homme aux multiples vies, grand amoureux de sport, aura marqué de son empreinte le football français. Au nom de tous les clubs professionnels que je représente, j’adresse à la famille de Bernard Tapie et à ses proches nos plus sincères condoléances, ainsi qu’à la grande famille de l’Olympique de Marseille que je sais très affectée par sa disparition.

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Les faits répétés de violence dans les stades ne peuvent pas être traités isolément du climat social dégradé qui règne dans le pays, avec la multiplication des faits de violence « gratuite » ou l’effet non dissuasif des sanctions. De nombreux Français sont interpellés dans leur vie quotidienne par cette situation.
Que la violence franchisse les frontières des enceintes sportives ne constitue donc pas une réelle surprise mais il existe un fait nouveau qui nous interpelle tous : le rectangle vert n’est plus sacralisé.
Les stades de Ligue 1 sont équipés de dispositifs de vidéo surveillance permettant de photographier et de filmer les spectateurs. Cependant, certains arrivent à dissimuler leur visage à l’aide de cagoules ou d’écharpes. Lorsqu’un club parvient à procéder à leur identification, les plaintes à leur encontre se heurtent à des réalités administratives : le temps de traitement des dossiers par la justice est long ; peu de condamnations sont prononcées et pour des peines assez courtes ; peu d’obligations de pointer au commissariat sont formulées ; les fichiers d’interdits de stade ne sont pas toujours transmis aux clubs et ces fichiers ne comportent pas de photographie…
Au final, les peines étant peu nombreuses, peu effectives et d’une durée assez courte, elles ne sont pas suffisamment dissuasives, comme le démontre la reproduction de faits délictueux.
L’objectif des clubs professionnels est de préserver le spectacle en retrouvant l’ambiance festive des stades, d’empêcher toute incursion inopinée sur le terrain de jeu, et d’éviter de passer du huis clos sanitaire au huis clos disciplinaire.
Pour y arriver, nous sollicitons une collaboration plus étroite avec les pouvoirs publics afin de porter une refonte des outils mis à disposition des clubs, avec l’individualisation et l’aggravation des sanctions. Oserai-je rappeler que, dans certains pays, il existe des interdictions à vie de stade ?
Sensibiliser les magistrats au phénomène du hooliganisme, poursuivre les contrevenants par la voie de la comparution immédiate, uniformiser les fichiers des interdits de stade en y introduisant des photographies, renforcer la collaboration avec les préfets en amont afin que le dispositif des forces de l’ordre soit adapté aux exigences de chaque match, ajuster le nombre de stadiers en fonction du « niveau de risque » des matchs et recourir aux scanners corporels représentent des pistes sérieuses pour retrouver la paix dans nos stades.
Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils nous aident à les mettre en œuvre, le plus vite possible.

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