Par Arthur DONNADIEU

Selon l’étude de l’impact économique de la consommation illicite en ligne de contenus audiovisuels et de retransmissions d’événements sportifs, effectuée par Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet), le manque à gagner, en 2019, dû à la consommation illicite de contenus audiovisuels et sportifs est évalué, en France, à 1,03 milliard d’euros.

Dans le monde du sport, le football est, de loin, le plus concerné par le piratage de contenus (77 % sont amateurs de football) devant le tennis (44 %) et le rugby (43 %).

Les raisons de ce piratage à grande échelle ? Elles sont multiples. Le prix des abonnements, d’abord, qui représente la cause principale de la consommation illicite, puis la difficulté de trouver le match recherché, enfin une offre légale trop limitée, soit autant de facteurs qui font « tomber » les consommateurs dans des pratiques qui nuisent à l’économie du sport.

La multiplication des diffuseurs peut expliquer le phénomène. Par exemple, le début de la diffusion de la Ligue des champions sur RMC, aboutissant à une offre de football répartie entre trois acteurs (avec Canal+ et BeIN Sports) a entraîné une progression de pratiques illicites. Les chiffres le démontrent : ce type de consommation a augmenté de 65 %, passant, par mois, et en moyenne de 1,08 millions d’individus à 1,78 millions.

En revanche, l’impact estimé du piratage sur la billetterie sportive (tous sports confondus) reste relativement faible à près de 20 M€. Il affecte plus directement les diffuseurs de télévision payante eux-mêmes, qui font partie intégrante de l’écosystème du sport. Sa part du manque à gagner est évaluée à plus de 30 % du manque à gagner total, soit près de 80 M€.

Autre effet collatéral : la progression de pratiques illicites conduit à un flux de désabonnements, qui constituent des pertes directes non comptabilisées au titre de l’évaluation du manque à gagner. L’Hadopi avait précédemment estimé que 54 % des utilisateurs de services IPTV illicites se sont déjà désabonnés d’une offre légale payante au motif qu’ils utilisaient un service illégal.

De façon générale, la capacité de ces nouveaux services à s’imposer sur le marché français dépend largement de la réaction des consommateurs. 37 % considèrent qu’un seul abonnement est suffisant et 26 % seulement se disent prêts à s’abonner à au moins trois services différents selon le sondage réalisé par Médiamétrie (graphique ci-dessous).

Le sport et le football en particulier continuent donc d’être frappés de plein fouet par le piratage des contenus audiovisuels qui représente un vrai fléau. Il est clair que la lutte contre un phénomène qui, loin de ralentir, progresse d’année en année, est devenue une urgence absolue pour un monde du sport par ailleurs très lourdement et durement handicapé par le Covid-19.

Source : Etude de l’impact économique de la consommation illicite en ligne de contenus audiovisuels et de retransmissions d’événements sportifs, Hadopi Décembre 2020

Partager

Dernières actualités

Sur les réseaux

Aucun flux n’a été trouvé avec l’ID 4. Allez sur la page Tous les flux et sélectionnez un ID dans un flux existant.

Agenda

CODIR FU

CODIR FU

ASSEMBLEE GENERALE FU

CONVENTION DES CLUBS PROFESSIONNELS DE FOOTBALL