Par Denis Chaumier

Né le 14 janvier 1955 à Saintes, Dominique Rocheteau fête aujourd’hui ses 66 ans ce qui, pour cet amoureux déclaré des grands espaces américains, revêt une signification particulière. Ayant mis un terme à ses responsabilités à la direction de l’AS Saint-Etienne l’année dernière, il est désormais un jeune retraité heureux dans un département qu’il connaît par cœur et qu’il apprécie pour y être né : la Charente-Maritime. Ce nouveau statut social ne l’empêche pas, toutefois, de conserver une activité en rapport avec le football puisqu’il organise, à Royan, des stages à destination des jeunes.

On dit de certains hommes, avant l’hiver de leur existence, qu’ils sont entrés vivants dans la légende. Rocheteau, lui, y est entré à vingt-et-un-ans. Il n’avait rien demandé à personne, ni rêvé d’être ce qu’il devenait. Il n’avait souhaité que de jouer au football à un haut niveau. Et d’un seul coup, parce qu’une petite flamme dansait au-dessus de sa tête, qu’il dribblait à merveille et qu’il marquait des buts, on en fit une star, cheveux au vent et papillons aux pieds. Le numéro 7 de Saint-Etienne, qu’on surnomma « L’Ange Vert », à son corps défendant. Copenhague, Glasgow, Kiev, Eindhoven : il fit voyager et rêver la France du football au cœur des années 70, devenant à ses yeux un symbole et une idole, entraînant dans son sillage une « Rocheteaumania » dont il chercha à se prémunir et à se dégager.

Mais sa carrière ne se résuma pas à porter fièrement l’étendard vert, car Rocheteau, sentant au fil du temps certaines réticences des dirigeants stéphanois de l’époque, se remit en cause et accepta les propositions du Paris Saint-Germain durant l’été 1980, ayant obtenu la promesse d’y jouer avant-centre, sans restriction. Porteur du numéro 9, il séduira rapidement la capitale, transformant le jeu offensif de l’équipe, qu’il accompagna et propulsa dans la conquête de ses premiers titres : Coupe de France 1982, 1983, Championnat de France 1986, étoffant ainsi un palmarès déjà riche de ses succès accumulés dans le Forez.

S’il avait joué en Angleterre, le public aurait chanté à sa gloire : « Rocheteau is magic ! ». Mais Rocheteau était Français, et plutôt 49 fois qu’une, 49 étant le nombre de sélections qu’il honora dans une phase de réanimation des cœurs et des esprits. Trois participations à la Coupe du monde (1978, 1982, 1986), au cours desquelles il marqua au moins un but, illustrèrent son engagement constant et son enthousiasme inébranlable pour une France « bleu-blanc-rouge » dont il devint l’une des figures de proue.

Pour tous ceux qui vécurent au plus près cette période, l’apparition fracassante de Dominique Rocheteau, éclatant de jeunesse, de culot, d’ambition et de flamme, sur la scène du football français, demeure l’un des faits majeurs de sa renaissance et de son épanouissement.

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