PAR DENIS CHAUMIER

« – Le 20 décembre, l’AS Saint-Etienne fêtera le 6e anniversaire de l’ouverture du Musée des Verts. Pouvez-vous dresser un bilan de son exploitation ?
– Avant d’évoquer un quelconque bilan, je veux d’abord établir un constat : il a fallu attendre 2013 pour qu’un premier musée dédié au football soit créé en France quand, dans la plupart des quatre autres grands championnats européens, tant de musées avaient déjà ouvert depuis de nombreuses années. Ce constat est assez édifiant : on souffre, dans notre pays, d’un déficit chronique de culture sportive et la transmission mémorielle n’est pas assurée. Or, on devrait s’appuyer sur le passé pour construire le présent et l’avenir, et ne jamais oublier les fondations d’un club. A Saint-Etienne, où rien n’était gagné d’avance, nous nous sommes battus pour concrétiser notre projet. Aidés par les deux présidents du club, bien soutenus par des anciens comme Ivan Curkovic et Michel Platini, notre travail de longue haleine a fini par porter ses fruits. Mais que d’efforts déployés ! Avant d’ouvrir les portes du musée, il a fallu procéder à un inventaire, rassembler toutes les pièces, prendre contact avec les anciens, penser à une scénographie… Saint-Etienne s’honore d’avoir été précurseur dans de nombreux domaines, c’est le cas aussi pour l’ouverture d’un musée. Je suis heureux que, dans notre foulée, Lyon ait ouvert le sien, que Nantes, Strasbourg ou l’OM pensent à créer le leur.
– Le bilan du Musée des Verts, donc ?
– Il est satisfaisant au plan chiffré : 270 000 visiteurs ont franchi ses portes depuis son inauguration. Cela représente environ 45 000 visiteurs par an. Chaque année, dans nos locaux, on remplit un peu plus d’un stade Geoffroy-Guichard ! Mais au-delà du seul bilan chiffré, il est un autre aspect qui me réjouit, qui touche plus à l’humain : nous avons réussi à fédérer notre communauté de supporters et contribué à l’unité de l’institution. C’est un bien précieux. Dans notre musée, l’émotion transpire, il a une âme. Par ailleurs, il a été reconnu d’intérêt général, si bien que des entreprises peuvent faire des dons défiscalisés à hauteur de 60%, tout comme les particuliers (66%). L’argent ainsi récolté permet d’engager des travaux de rénovation et d’actualiser notre exposition permanente. Les 36 rencontres européennes de l’ère Christophe Galtier, qui ne figurent pas aujourd’hui, devront bientôt y trouver leur place.
– Quels sont vos autres projets à court et moyen terme ?
– En cette fin de mois, nos organisons une grande braderie avec la vente de différents objets et documents. Pour notre 6e anniversaire, nous proposerons, fin décembre, une dixième exposition temporaire qui portera sur la formation à l’ASSE, qui représente l’identité même du club, et qui a été inaugurée dans les années 50 par Jean Snella. Le musée n’est pas figé, nous le faisons vivre au quotidien avec nos trois salariés, avec aussi avec l’aide de bénévoles qui nous donnent un coup de main car, nous disent-ils, ils veulent rendre au club ce que celui-ci leur a donné. C’est une formidable attention et une noble valeur. Plus tard, en 2021, nous célébrerons les 90 ans du stade mais nous n’oublions pas que la visite couplée stade-musée fonctionne bien, de même que les anniversaires collectifs des 8-13 ans ou qu’un Pass-Régions permet aux lycéens de venir visiter le musée. A l’avenir, nous apporterons sans doute une touche plus technologique, tout en conservant ce côté humain qui fait la force de Saint-Etienne. Notre ville est ouvrière, elle s’est construite sur la solidarité et la transmission de valeurs entre générations. Cet ADN, c’est aussi celui du musée. »

* Conservateur du Musée des Verts, historien de l’ASSE

 

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