PAR MARIE-HELENE PATRY

J’emmenais ma fille voir un match de son équipe préférée, un soir d’avril où il fait bon flâner aux abords du stade, profitant du printemps qui pointe le bout de son nez. Des rires, des marchands croulant sous le poids de leur stock d’écharpes colorées portées fièrement sur les épaules, des chants, la joie !

J’avais acheté nos billets « last minute » sur une plateforme de revente en ligne, victime comme tant d’autres d’une charge mentale à la mode qui nous fait écrire de longues listes de choses à faire qu’on ne fait pas… Complet sur le site du club… pourtant j’avais promis… Ouf quelle chance ce site de revente qui trouve toujours de la place, ma fille ne sera pas déçue !

Elle n’a jamais vu le match… en passant les portillons la machine a sonné, nos places avaient déjà été attribuées, nous sommes rentrées chez nous en quittant le stade dans la clameur montante des supporters qui échauffaient leurs voix.

Histoire banale de clients trompés, de consommateurs victimes de pratiques commerciales douteuses, impression de DEJA VU, de DEJA VECU.

Ces pratiques doivent changer :

Le Législateur en a pleinement conscience lorsqu’il édicte l’article L313-6-2 du Code pénal qui interdit la revente (marché secondaire) habituelle et sans autorisation préalable de l’organisateur de la manifestation sportive.

Le Conseil constitutionnel en a pleinement conscience lorsqu’il rappelle dans sa décision du 14 décembre 2018 (n° 2018-754 QPC) que la protection des consommateurs justifie pleinement de sanctionner pénalement et que l’incrimination pénale  « doit permettre de lutter contre l’organisation d’une augmentation artificielle des prix des titres d’accès», certains sites suscitant l’impression trompeuse d’une rareté des places entraînant une spéculation à la hausse des prix et empêchant le public le plus modeste d’accéder aux manifestations sportives ou culturelles.

Nos clubs en ont conscience lorsqu’ils décident de porter plainte au travers de Première Ligue et à côté d’autres acteurs majeurs du sport ou du spectacle contre ces pratiques qui nuisent à leurs spectateurs comme à l’image de leur club.

Faisons le pari que cette prise de conscience, relayée par des messages politiques exprimés par certains élus, auprès du gouvernement et des pouvoirs publics, gagne les dirigeants des plateformes de revente en ligne en les poussant à conclure des accords commerciaux avec les organisateurs des compétitions et événements culturels, au bénéfice des consommateurs.  

 

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